Transeformind

A travers une émotion, rétablir le dialogue avec ce qui nous anime et retrouver le sens de ce que l'on vit

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Respectes ton attention !

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C’est le message de Tristan Harris, cet ex-ingénieur de GAFA qui engage chacun protéger son attention, imperceptiblement absorbée par des industries numériques fleurissant dessus.

Les algorythmes captivent nos solitudes. Au passage, ils dissolvent notre attention dans le puits sans fond des informations en ligne. Au passage, ils orientent la focalisation de ce qui reste (de notre attention), sur les signes… d’attention ! Les likes, le nombre de followers. Et la boucle est bouclée, elle s’est refermée. Sa solution ? Créer des algorithmes qui récompensent les interactions « régénératives » entre les gens, pour remplacer les autres… Peut-on en trouver d’autres, des solutions ?

« Le vrai danger, ce n’est pas que les ordinateurs se mettent à penser comme les êtres humains mais que les êtres humains réduisent leur mode de pensée à celui des ordinateurs. » dit un autre Harris, Sidney, humoriste celui-là. Réduisent leur mode de pensée à du binaire.

Et même pire : à du prévisible. Enfermé dans le confortable, le concevable, le conçu, le confortant, le réconfortant. Je n’ai rien contre le confort, bien au contraire, mais pas celui la pensée. Reproduire ce que je conçois me permet d’obtenir des résultats à court terme. Pour intégrer le moyen et le long terme, je dois prendre conscience de ce qui émerge, qui constituera le socle de mes futures conceptions – de soi, des autres, du monde, de l’avenir. Comme mon énergie suit mon attention, ce que je conçois, je le créé et ce que je créé, je le deviens.

Or les calculateurs reproduisent à l’infini les conditions qui ont été associées à notre profil, empêchant ainsi toute expansion, tout surprise, tout renouvellement de nos conceptions. Comme si nous laissions, tacitement, l’environnement numérique prendre le contrôle de l’actualisation de nos cartes du monde. Sidérant ? Pas tant que ça. Dans son éclairant ouvrage « La civilisation du poisson rouge, petit traité sur le marché de l’attention« , Bruno Patino explique très bien ce phénomène.

Pourtant, nous ne sommes pas dans Matrix (d’ailleurs, je n’ai pas de long imper noir ). Pourtant, l’époque n’a jamais été aussi porteuse d’initiatives individuelles. Pas n’importe lesquelles, celles qui défient l’indifférence, celles qui engagent un être humain à concevoir le rêve de sa vie, au sens propre. Et non pas la vie de ses rêves, mais c’est une autre histoire ! Stop, « maman stp, arrêtes de penser dans les coins » dirait ma petite et revenons à notre mouton.

Savoir comment attraper ce que l’on a dans le cœur, d’autres diront dans l’âme, et mettre notre essentiel à la première place. Mais où est la clé bon sang ? Je suggère qu’elle soit juste là, sous notre nez, c’est même ce avec quoi on observe notre nez 😉 oui, c’est notre A T T E N T I O N.

Sortir des habitudes de penser et de ressentir, cela demande d’investir notre attention – et d’avoir de l’énergie pour le faire. Car le cerveau c’est 2% de la masse corporelle et 20% de la consommation d’oxygène et de glucose. Et peu d’entre nous ont l’habitude de focaliser/ dé-focaliser volontairement leur attention. Peut-être aurez-vous la chance d’avoir un jour ce petit livre entre les mains, « Hypnose médicale en situation difficile », écrit par un urgentiste Franck Garden-Bréche et une infirmière, Stéphanie Guillou. Ils ont conçu un schéma* explicitant le processus par lequel tout naturellement l’attention se réduit.

Lorsqu’une personne se sent agressée, blessée, stressée, en souffrance, elle hyper-focalise. C’est naturel : XX. En cas d’urgence, l’attention se dissocie, à la fois ici, en mode survie et à la fois ailleurs, attachée à un autre temps. Ce peut être un passé qui n’existe plus. Ce peut être l’anéantissement d’une projection dans le futur, où les repères viennent de disparaitre, le choc les ayant fait voler en éclats. Tout le travail de l’urgentiste, lorsqu’il est conscient de ce phénomène, consiste à ramener l’attention du patient à se focaliser sur les indices de sécurité. Ensuite, il va ré-associer son attention ici, maintenant, en phase avec ce qui arrive – « en phase » dans les deux sens du terme. Ainsi, la personne retrouve ses ressources et peut faire face du mieux possible au changement d’état.

Et rappelons-le : le cerveau ne fait pas de différence entre une douleur physique et une douleur sociale, comme le montrent les travaux de Matthew Lieberman, chercheur au laboratoire de neurosciences cognitives sociales à l’université de Californie (UCLA, USA). Donc ce processus se déclenche aussi face à ce qui est perçu comme une agression verbale, mentale, affective, comme il le fait face à un stimuli comportemental.

De mon expérience, j’ai appris que l’hyper-focalisation peut se réactiver, automatiquement. Comment ? Par résonance. Voila ce que j’ai compris : je vis une expérience et je lui donne un sens. Et ce sens est d’autant plus ancré qu’il comporte une charge émotionnelle importante. Puis je n’en n’ai plus conscience, mais le fonctionnement perdure. Une nouvelle situation se présente, et pour divers raisons, je vais lui attribuer le même sens. La charge émotionnelle attachée va alors se réactiver. Je ressens la même chose.

Ma réaction va me prendre plus ou moins d’énergie. Si c’est une grosse colère, de la culpabilité ou du ressentiment, je vais en dépenser beaucoup ; je vais ruminer et donc enfermer mon esprit dans un état d’attention hyper-focalisée. Ça, c’est typiquement une caractéristique de l’état d’hypnose ! Mais évidement, vous n’en faites pas, de l’hypnose n’est-ce pas ? Non, vous ne faites pas d’hypnose mais cet état naturel physiologique, vous le connaissez bien et il n’a pas de nom. Pas évident dans ces conditions de sortir de cette transe. Alors on use de dérivatifs, dont les effets secondaires sont variés. Au choix (non exhaustif) :

  • attendre que ça passe tout seul,
  • focaliser son attention sur autre chose (du sport, marche en forêt ou ailleurs, méditer, écouter de la musique, danser, se divertir, etc…),
  • se déconnecter de se que l’on ressent (n’importe quelle addiction apporte cette anesthésie),
  • rencontrer d’autres gens.

Mais à chaque fois que j’utilise une même réaction, la charge émotionnelle grandit. La prochaine fois, ma réaction sera encore plus intense, à cause du fonctionnement cérébral qui rend de plus en plus opérationnels (en l’entourant de gangues de myéline) les réseaux neuronaux les plus employés. A chaque fois, la réaction se renforce donc, devenant plus rapide et plus intense… C’est le problème auquel j’ai dû faire face en étant jeune maman. J’observais que malgré toute ma bonne volonté, j’étais de plus en plus irritée en face des désirs contrariants qu’exprimaient mes enfants !

D’autre part, dans le cas où la charge et le sens, dont je n’ai souvent même plus conscience, s’activent en automatique, quelle(s) énergie(s) vais-je transmettre aux êtres de mon entourage, inclus les animaux ? Sont-ils capables de dépolariser (du négatif, en général) ce que je propage ? Parfois oui, parfois non… si ce sont des enfants, clairement non ! Et le fonctionnement se perpétue. Faute d’apprendre, on continue à se balader sans savoir vivre, émotionnellement parlant. Alors que les connaissances sont là !

Savez-vous comment on fait pour vider une charge émotionnelle et se recharger (vraiment) en énergie ?

  1. En entrainant son attention ! Lorsque l’on sait être attentif à la présence d’esprit qui ne nous quitte jamais, on arrive à récupérer au moins un dixième de seconde avant qu’un automatisme ne s’active. Indispensable pour commencer à agir – et sortir du ré-agir. C’est Viktor Frankl qui a écrit cette phrase que j’aime tant et qui résume la stratégie : « Entre un stimulus et une réaction, il y a un écart. Dans cet écart réside notre pouvoir de choisir notre réaction. Dans notre choix se tient notre pouvoir de croissance et de liberté.« 
  2. Et de là, la tactique consiste à entrainer les facultés naturelles de l’attention pour focaliser / dé-focaliser, retrouver la sensorialité et sortir du cadre ou prendre du recul en investissant les capacités d’imagination (de toute façon, c’est ce que l’on fait lorsque l’on s’attend à ce que ça se passe mal, comme la dernière fois… Eh oui, ce n’est que de l’imagination, de l’imagination créatrice du coup !).

Car le cerveau ne fait pas la différence entre ce qui est tangible et ce qui ne l’est pas. Imaginez un citron italien bien juteux avec une peau épaisse, très parfumé et bien acidulé. Vous venez de le cueillir, vous le coupez en quatre, en prenez un quartier et le croquez à pleines dents… juste dites moi lorsque la salive abonde sur votre langue. Votre corps commence à absorber ce citron… pourtant, vos mains sont vides. Là, vous commencez à accepter le lien entre pensée, imagination et physiologie ; alors vous pouvez consciemment investir tout le spectre de vos ondes cérébrales, commencer à prendre le chemin de votre potentiel comme dirait l’autre 😉

On a tous, plus ou moins, l’impression d’être sous l’emprise de nos émotions. Demain, je me réveillerai peut-être de mauvaise humeur et je ne saurais pas forcément pourquoi. Méditer ne guéri pas de ça. Mais aide à faire le pas n°1 : être conscient de sa situation et prêt(e) à y faire face. Créer l’écart.

Cela ne va pas m’aider à dé-polariser la mauvaise humeur que je vis, pas plus que les souvenirs des émotions de l’enfance ou du passé lointain qui surgissent de temps à autre. La méditation n’aide pas à atteindre ce genre de compréhension.

Pour le pas n°2, ces dernières années on a vu se développer les techniques comportementales. Elles fonctionnent plus ou moins efficacement, pas trop durablement car on ne neutralise pas la racine émotionnelle. On peut faire autrement, en impliquant volontairement les ondes cérébrales thêta, selon le mode qu’Earl Miller (MI, USA) a découvert. Il est possible apprendre d’autres techniques d’attention focalisées. Vous pouvez aller voir quelqu’un qui saura le faire pour vous… mais une chose est sûre : sans impliquer votre attention et l’entrainer au quotidien, il est généralement difficile de changer sa manière de concevoir les choses.

On attribue à Gandhi la maxime de sagesse suivante : « La vie est un mystère qu’il faut vivre et non un problème à résoudre. » Dilemme : comment vivre et découvrir un mystère si l’on ne le laisse pas émerger, si l’on ne lui n’accorde (presque) jamais d’attention

Cadeau : Ici, des audios pour entrainer ces compétences, les deux ensemble et cultiver votre art de vivre. Je peux vous envoyer les transcriptions si vous souhaitez enregistrer ces sessions avec votre propre voix 😉 Une façon actuelle d’engager la neuroplasticité et d’activer l’énergie, autrement et dans le même sens ! Le sens que vous aurez choisi avec attention, concevant ainsi tout ou partie du rêve de votre vie.

*C’est intéressant de voir comment ce schéma, en forme de roue composée de 4 états de l’attention, se superpose facilement avec celle de Futak (utilisée en médiation) ou celle de Hudson (qualifiant les étapes du changement).

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