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La thérapie ? c’est devenu un autre métier…

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Pour en finir avec cette histoire de thérapie…

… si l’on revenait à l’origine du terme ? Il est issu du grec θεραπεία, therapeía, signifiant “cure “ dérivé de θεραπεύω, therapéuô, qui veut dire “servir, prendre soin de, soigner, traiter“, dont la racine est θεράπων, therápôn, “serviteur, écuyer”. Dans le langage commun, il est entendu qu’être thérapeute consiste à se mettre au service (d’une personne) en vue de soigner ce qu’elle demande ; le fait de soigner appelle l’emploi de thérapeutiques, les traitements. Ce terme est réservé aux interventions médicales ou para-médicales.

Cela n’a plus grand chose à voir avec l’origine de la pratique des « thérapeutes », terme féminin pour désigner une communauté religieuse assimilée aux Esséniens, qui fut décimée au premier siècle de notre ère. Ses pratiques furent mise au jour par Philon d’Alexandrie, et si cela vous intéresse, vous pouvez les retrouver aussi précises que possible, dans le récit de J. Le loup. Extrait : « La thérapie étant sans doute un « art de l’interprétation », effets et affects se modifiant vers un mieux ou un pire, selon le sens que l’on donne à une souffrance, un événement, un rêve ou un texte sacré. (…) L’homme est condamné à interpréter, c’est en cela qu’il est libre. (…) apprendre à interpréter les Écritures est l’entrainement, l’exercice nécessaire qui leur apprendra à interpréter la vie, à la « jouer » le mieux possible, c’est à dire en union avec le Logos qui l’inspire ».

Eux s’étaient donné pour rôle de prendre soin de l’Être. Si l’on y regarde de plus près, ce que recouvre la thérapie aujourd’hui a perdu cette dimension spirituelle. Elle a perdu tout autant l’invitation à explorer les métaphores bibliques pour en extraire la substantifique moelle d’un art de vivre l’humanité.

Thérapeute est aujourd’hui un nom masculin. J’ai bien compris que les thérapeutes sont ceux qui cultivent un art de l’interprétation non pas de la vie d’un être humain mais de la maladie, quelle que soit sa nature. Ils ne développent pratiquement pas l’art de vivre (sans maladie) mais se concentrent sur l’art de soigner (avec des technologies de plus en plus complexes ou des chimies de plus en plus élaborées). Et ils rêvent de réinscrire la personne soignée dans leur univers, celui du soin… En outre, la notion contemporaine de thérapie suggère implicitement deux choses :

  • que nous sommes fragiles, que l’on peut être blessé ;
  • qu’il faut alors nous soigner, nous réparer, dans un cadre prédéfini.

Or je ne sais pas vous, mais je ne crois pas à la fragilité. Je crois que je suis même anti-fragile. Si je suis là, malgré tout ce que j’ai traversé, définitivement, il est impossible que je sois fragile. J’ai peut-être mal digéré certains choses, surtout les choses qui m’ont paru écœurantes, j’ai peut-être fait des interprétations erronées, je n’ai peut-être pas découvert toutes mes limites, j’ai peut-être eu peur de regarder les choses en face, attendant des choses différentes ou pensant que ce soit trop ma fin, j’ai peut-être eu le sentiment d’être emportée par un chaos dont la vitesse me dépassait, j’ai sûrement perdu mes repères et du trouver les ressources pour les recréer… car je sais que dans ce monde, rien ne se perd, tout se transforme. J’ai compris cela aussi profondément que j’ai accepté d’être acteur, enfin actrice plutôt, de ma propre vie. Je n’ai peut-être pas fait tout ce chemin avec un thérapeute – même si j’ai une reconnaissance particulière pour l’un d’eux qui, avec son titre moderne, a induit en moi un effet essénien ! Il y en a. Surtout parmi ceux qui souhaitent œuvrer à la prévention ou à la réduction de rechutes. Prenez par exemple les soignants comme Christophe André, vous savez ce que ce psychiatre fait, à sa manière, en extrapolant le soin à la pratique de la méditation, simple fait d’être pleinement conscient de soi. Il faut dire aussi que parfois, j’ai capté d’autres conceptions de ma condition humaine en … sortant fumer dans la garrigue ! Cependant, si j’ai souvent eu le sentiment d’être seule, je ne l’ai jamais été.

Maintenant, je mets en place ce qui permet aux soignants, aux soignés, aux malades, aux bien-portants, de prendre appui. A tous ces alter-ego qui pensent que mieux vivre engage chacun à être juste avec ce qu’il est là, ici, à cet instant – sans l’espoir*.

Comment ? En guidant l’attention, en retrouvant la sensorialité, en laissant à la conscience et à l’imagination tout l’espace nécessaire. Ici, en 20 min, vous pouvez y goûter (un tout petit peu !). A quoi ça sert ? A sortir des ressentis automatiques figés, à re-déployer ses propres ressources, à trouver sa propre ré-interprétation (pourquoi pas à travers les paraboles bibliques, si elles vous parlent !). Ainsi naîtront de nouveaux repères, permettant de percevoir l’utilité de tout ce qui arrive – et va changer.

Notre conception de l’attention portée à autrui ne peut que changer elle aussi, à mesure que la connaissance avance. Savez-vous que main dans la main, nos cerveaux se synchronisent de sorte que si l’une des deux personnes est souffrante, l’intensité de sa douleur se désactive ? Dans ce cas, on parlera de thérapie, de savoir vivre ou de quoi ? Pour ma part, voici, j’ai créé ma profession permettant de partager l’utilisation bénéfique des émotions. C’est une manière de mettre ma vocation au service de la conception du rêve de ma vie. Ainsi, je continue en continu de cultiver mon art de vivre. Cependant, c’est le rêve qui donne le sens de l’existence. L’existence. Vaste et mystérieux sujet… et voila la boucle revient à son origine, la dimension spirituelle des Esséniens-thérapeutes qui cherchaient dans l’interprétation un processus de conception – celui qui leur permis de concevoir leur rêve de leur vie, leur rêve d’humanité.

Donc, oui, pour en finir avec cette histoire de thérapie, on peut dire aujourd’hui que ceux qui s’occupent de la maladie et du soin sont les thérapeutes et ceux qui s’occupent de cultiver l’art de vivre sont… les architectes-décorateurs, selon Google ;-)) Ce siècle est vraiment marrant ! Alors à l’architecte de votre vie, qui en vous somnole ou œuvre bien éveillé, j’adresse ma plus profonde sympathie ! Hauts les cœurs les ami(e)s, on a du boulot pour réveiller l’envie de concevoir dans le cœur de ceux qui rêvent encore !

Et vous, le rêve que vous êtes en train de concevoir, vous rend il plus humain ?

*espérer : composé du préfixe latin « e » qui signifie « hors de » et « sperer », le souffle. N’est-ce pas une posture étymologique qui maintient une certaine dissociation de ce qui est et nous place, de fait, dans l’impossibilité de prospérer ? Oui, prospérer, composé du préfixe « pro », « en avant » et signifie : qui souffle en avant, qui croît favorablement.

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