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L’homme est un loup pour l’homme, un vrai ?

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« Aime ta famille

Prend soin de ceux qui te sont confiés

Ne baisse jamais les bras

Ne cesse jamais de jouer »

Dernière page. Elli H. Radinger a écrit « La sagesse des loups« , comment ils pensent, s’organisent, se soucient les uns des autres… Cet animal si semblable à l’homme. Bon, au début le livre m’a attiré juste à cause de la photo de couverture (?!), une belle tête de loup avec un regard d’or dans lequel j’aimais plonger le mien, comme si une impression sur un carton mat pouvait me transmettre l’intelligence animale que j’aime tant. Alors je l’ai installé sur la grande bibliothèque en face de mon lit, pile poil la couverture face à la pièce. Et puis un jour, je l’ai emporté en voyage. Vous savez, ce moment où on quitte la maison, en faisant un dernier tour pour vérifier que l’on n’a rien oublié… eh bien ma main a saisi le bouquin et l’a fourré dans le sac à main. Pour le coup, j’ai fais un voyage dans le voyage 😉

Extrait – Il y a deux catégories de touristes à Yellowstone : ceux qui veulent voir les sources chaudes et les geysers et, en passant, « emporter » dans leurs souvenirs un grizzly ou un loup pour le raconter à leur retour, et ceux qui sont en quête de quelque chose. Je le vois à leurs yeux, lorsqu’ils observent un loup. Robert était de ceux-ci. Nous sommes restés longtemps ainsi, cote à cote à observer en silence une meute du Canyon et sa louve dominante blanche. Robert semblait ne pas percevoir les autres touristes tant il était concentré sur les loups. Ce n’est que lorsque ces derniers furent partis, et avec eux les curieux bipèdes, que nous commençâmes à parler. Il me raconta son étonnante histoire et comment les loups l’avaient un jour sauvé.

En juin 1969, Robert était au Vietnam, sergent chez les bérets verts, une unité spéciale de l’armée américaine. A cette époque, il avait combattu pendant dix huit mois sans interruption.

« Je me sentais comme si j’avais vu et vécu la véritable définition du mot « enfer », raconta-t-il. Il obtint une longue permission thérapeutique suite à une grave blessure par grenade.

« Je voulais être le plus loin possible des hommes, totalement isolé. » Il acheta un minimum d’équipement de survie et prit l’avion pour Fairbanks, en Alaska. Au volant d’une voiture de location, il se dirigea ensuite vers l’est et établit un camp au milieu de nulle part. Pendant les premières semaines, il ne vit pour ainsi dire rien, à l’exception de quelques animaux et d’un grand nombre de traces. Il entendait les loups hurler mais ne les voyaient pas.

« Je n’avais pas peur, j’avais vécu les pires atrocités que les hommes peuvent s’infliger les uns les autres. A cette époque, j’aurais presque voulu mourir. Je ne pouvais plus supporter l’horreur. Une nuit, c’était une nuit de la pureté du cristal, je regardais le ciel dans un cri de désespoir adressé à un être supérieur, que ce soit Dieu, Allah, Rama, Bouddha ou qui que ce soit d’autre. Je suppliai d’obtenir une réponse à des questions pour lesquelles je savais qu’il n’y avait pas de réponse. Tard dans la nuit, j’entendis le long appel d’un loup. On aurait dit une âme qui m’appelait. L’unique fois où j’avais entendu un tel cri solitaire, c’était celui de mon propre esprit. Je pensais : « Qui te tu sois, il y a tant de choses sur lesquelles nous pouvons pleurer. » Épuisé, il s’était endormi.

Le lendemain matin, Robert vit un loup blanc qui l’observait à quelque distance. Il ne se sentit pas menacé. Pendant plusieurs jours, le loup apparu toujours au même endroit. Avec le temps, il se rapprocha de Robert, qui constata qu’il s’agissait d’une femelle. Il commença à lui parler. Une nuit, elle s’assit à quelques mètres seulement de lui. Quelques jours plus tard, la louve était devant lui, la queue entre les jambes, la tête baissée.

« Je tendis la main et touchai ma déesse blanche. Elle devint mon ange gardien. J’avais tant besoin d’elle. Elle remettait ma vie dans un état avec lequel je pouvais de nouveau composer. Elle m’a sauvé la vie et a évité que je ne sombre dans la folie. »

Retour à la maison. Le livre n’est pas retourné dans la bibliothèque de la chambre, il reste dans le salon, n’importe quel invité peut l’ouvrir au hasard et trouver ce qu’il cherche peut-être. Je pense parfois à la première fois où j’ai rencontré, en chair et en os si je puis dire, la femme qui a éveillé en moi le désir d’écouter un animal, Laila del Monte. C’était lors d’un stage que l’un des enfants voulait faire et qui avait lieu à coté de Nantes, dans un haras. J’étais là pour l’accompagner, en touriste disons le clairement, si loin de moi l’envie de communiquer avec les animaux plus que ce que je savais déjà faire… Et pourtant, cette expérience allait changer mon rapport au mot communication – et ouvrir la porte d’un nouvel univers. Le second jour, elle nous a amené devant un enclos avec des loups. L’un d’entre eux faisait le cent pas le long du grillage qui encerclait la colline et le morceau de campagne dans lequel ils étaient libres d’aller et venir. Elle nous a donné ses consignes et nous a laissé, presque trois quart d’heure, assis là. Je souhaite à tout le monde cette découverte… Alors peut-être que la question de la protection de l’environnement pourra se poser autrement, parce qu’une fois que l’on a perçu notre place dans la nature et la place de la nature en nous, les choses changent tout naturellement. Mais c’est une autre question…

Maintenant, je ne sais pas pourquoi les paroles de l’orthodontiste, prononcées ce matin, raisonnent dans mes pensées : « Je ne corrige pas avec de la mécanique, comme on peut le faire avec les bagues et les tirants. Ici c’est de l’orthodontie fonctionnelle. Le corps sait, je lui rappelle l’information et c’est la personne qui fait, en utilisant de manière active les outils de correction. » Retrouver le lien avec son propre savoir, même celui dont on n’a pas toujours – ou pas encore – conscience et que la présence d’un objet, d’une femme ou d’un loup nous rappelle, ça, j’aime ! Ça, plutôt que des solutions ou des idées toutes faites. Parce que lorsque l’on est dans une impasse, il n’est pas utile en plus de se sentir impotent. Non ?


Post Scriptum. Il est 18h00. Je rentre de l’atelier à pied. Devant, sur le trottoir d’en face, une femme marche à coté d’un grand chien. Je les vois de dos car ils avancent dans le même sens que moi. Ce chien… Il me rappelle un autre que j’espère revoir lorsque je vais dans le restaurant où je l’ai aperçu une fois. Enfin une chienne, un peu efflanquée mais avec un poil dense, un regard précis et des mouvements si souples que j’avais le sentiment qu’elle était autours de la table à tous les endroits en même temps. Cette présence, cette délicatesse, cette attention… « C’est un loup ?  » avais-je alors demandé à sa gardienne. « Non, bien sûr. Les loups, c’est interdit ! » m’avait-elle répondu avant de partir en suivant son fascinant animal.

Je marche plus vite qu’eux. J’arrive à leur hauteur. Les voitures passent dans les deux sens. Je m’arrête et je les regarde. Le chien s’arrête aussi et je le vois se mettre debout sur les deux pattes arrières, les pattes de devant appuyées contre la barrière de bois qui les protège de la chaussée. Sa tête est haute, ses yeux sont directs. Le temps disparait l’espace d’un instant. Malgré le bruit des moteurs, la femme entend ma question. « C’est un loup ? ».  » A demi. » répond t-elle. Le sourire m’envahis ; il restera sur mon visage, longtemps après avoir repris le chemin.

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